Vienne (38), 10-12 Place Saint-Maurice
Overview & Synopsis
Le projet immobilier du 10/12 place Saint-Maurice à Vienne (Isère), objet de la prescription, est localisé en plein cœur de Vienne, à proximité du parvis de la cathédrale Saint-Maurice. La configuration du terrain est marquée par la présence, au sud, du ruisseau Saint-Marcel, cours d'eau aujourd'hui entièrement canalisé, et à l'ouest, des berges du Rhône. Il existe une forte dénivellation entre la place Saint Maurice (au nord) et l'impasse Sauge (au sud). Jusqu’alors, les découvertes rchéologiques de ce quartier s’avéraient peu nombreuses et pour la plupart assez anciennes. Il convient de signaler tout de même la présence du fameux mur de « choin » dans les substructions de l’immeuble détruit avant la fouille sédimentaire, remployant de nombreux blocs antiques et interprété dans la littérature comme un élément de ’enceinte réduite de Vienne. L'intervention archéologique s’est déroulée en deux étapes. La première s’est attachée à l’étude du bâti préexistant et la seconde a consisté en la fouille sédimentaire de la parcelle après la déconstruction du bâtiment. Cette opération a révélé un pan inédit de l'histoire de ce quartier historique depuis le changement d'ère jusqu'à une date très récente. Cette fenêtre enrichit véritablement nos connaissances sur l'organisation topographique de ce secteur pour toutes les périodes historiques. Il convient tout de même de préciser que cette intervention a été limitée par les exigences du cahier des charges technique fixant des cotes de fin de fouille strictes. Ainsi, si les niveaux antiques les plus anciens ont pu être atteints au centre de la parcelle, en revanche seuls les niveaux les plus récents ont pu être explorés dans le reste du site. Un habitat du Haut-Empire mal connu Les premières traces d'occupation datent de l'Antiquité et plus précisément du changement d'ère. Il s'agit de deux murs maçonnés obéissant à la même trame (N6°E) construits dans un remblai mis en place très probablement pour niveler le terrain. Si la fonction de ces structures reste difficile à erner faute d’une vision suffisamment large, elles suivent la trame des constructions antiques qui ont été observées anciennement dans ce secteur de la ville, notamment à la période augustéenne. Des fragments d'amphores vinaires italiques tardo-républicaines en position résiduelle trahissent la présence de niveaux plus anciens, confirmant ainsi l'occupation du I er s. av. J.-C. attestée en différents points de la ville. Dans le courant du Ier s. ap. J.-C., un second plan de construction est visible sur la parcelle au travers de maçonneries révélant trois espaces contigus. L'absence de niveaux de sols et le caractère lacunaire des vestiges ne permettent pas d'appréhender leur destination malgré la présence de fragments d’enduits peints dans les remblais. Les dimensions et la localisation d’un des murs (au sud) plaident en faveur d'un mur de soutènement qui délimite une terrasse se développant dans la partie nord de la parcelle. La phase d’occupation suivante, non datable mais antérieure au IV e s., reprend en partie le bâti préexistant avec notamment l’élargissement de certains murs. La fonction des nouvelles constructions reste encore une fois indéterminée. Mise en place du rempart au début du IVe s. La phase d'occupation suivante, davantage conservée, voit la construction d'une puissante maçonnerie contre le parement sud du mur de soutènement déjà mentionné, très certainement au début du IVe s. Ses dimensions, en particulier sa largeur, peuvent en première intention plaider en faveur d'un système de soutènement, dans la mesure où elle se trouve précisément dans une rupture de pente. Elle pouvait en outre participer de la protection de la terrasse qui se développe vers le nord des débordements du ruisseau Saint-Marcel, situé au sud. Si cette hypothèse demeure otalement plausible, elle n’empêche pas celle d'un rempart, en reprenant les études de J.-F.Reynaud sur l'enceinte réduite de Vienne durant l'Antiquité tardive et de son hypothétique tracé dans ce secteur de la ville. L'existence de cet ouvrage est fortement envisageable si l’on prend en compte tout aussi bien les textes, la topographie viennoise, les plans anciens et des données archéologiques anciennes. Les historiens viennois supposent depuis longtemps l'existence d'une enceinte réduite, datée généralement de la fin du III e s. ou du IVe s., ceinturant le centre de la ville, entre la rivière de la Gère au nord, le ruisseau Saint-Marcel au sud, le mont Pipet à l'est et le Rhône à l'ouest, soit une superficie de 35 ha. Les témoignages archéologiques demeurent cependant ténus et hétérogènes, justifiant une remise en cause de l’existence récurrente de cette enceinte. Pourtant, même si le tracé exact reste sujet à discussions, il semble difficile d'admettre que la ville n'ait pas eu d'autre protection avant le Moyen Âge que l'enceinte du Haut-Empire, qui paraît difficilement défendable et peu compatible avec les descriptions des différents sièges que la ville a subis au haut Moyen Âge. Cette construction est chaînée perpendiculairement à une seconde maçonnerie de même nature et dont le parement sud est visible dans le mur de « choin » évoqué plus haut. Cette structure pourrait ainsi trahir l'existence d'une tour rectangulaire en saillie. Au total, le rempart, plus spécifiquement la courtine, et la probable tour, présentent une largeur maximale respective de 3,20 m et de 2,80 m, pour une hauteur conservée de 1,50 m. Il est difficile de connaître précisément sa hauteur originelle. Nous pouvons juste affirmer qu'il est parementé au sud à l'aide de petits et moyens blocs de nature diverse très certainement originaires de constructions plus anciennes. D'autre part, la construction du rempart a tenu compte de la présence des canalisations situées plus au nord. Ce dernier a été sabré pour le passage du canal à l'intérieur du mur du rempart. En dehors de ces ouvrages hydrauliques, aucune information n'a été récoltée sur l'occupation de la terrasse au cours de cette phase. Un dépôt énigmatique Une fosse assez singulière a été observée contre le mur de soutènement du Haut-Empire. La fouille de cette structure a livré un ensemble de mobilier métallique relativement remarquable même si une partie a souffert de l’action du feu et de mutilations volontaires. Ce dépôt se compose de sept objets en fer (grils, couperets, frette de moyeu de char, clou de construction) et six en bronze (patina, passoire, plats de service, socle de statuette attribuée à Mercure, patère, hampe de candélabre). À cet ensemble, il faut également ajouter un objet en plomb fondu, une tegula entière, un médaillon en argent à l’effigie d’Alexandre Sévère (coulé entre 233 et 235), un as de Gordien III (frappé en 241) et un Aurelianus de Maximien hercule (frappé en 299). Enfin, on mentionnera la présence d’une calotte crânienne fragmentaire au niveau de l’ouverture de cette fosse. Aucune trace d’intervention humaine n’a été décelée sur ce fragment. Au total, ce sont les éléments d’un vaisselier somme toute relativement classieux qui apparaissent bien représentés. Les observations préliminaires effectuées sur cet ensemble remarquable livrent l’image d’une sélection de mobilier hétérogène qui incite à caractériser un dépôt de récupération dont les mutilations, la structuration et la crémation témoigneraient de pratiques religieuses. Ce passage des offrandes au feu semble par ailleurs en partie attesté sur certains vases du Trésor voisin de Camille Jouffray à Vienne dont le dépôt est daté entre l’extrême fin du IIIe s. et le début du IVe s. ap. J.-C. In fine, l’identification d’une fosse résultant d’une activité religieuse, rassemblant des objets consacrés et mutilés au cours d’un rituel ou d’un banquet, voire les deux, et dont le dépôt pourrait être interprété comme le résultat d’un vœu (votum) ou d’un don (donum dare). Faut-il le mettre en lien avec les nouvelles édifications que connaît la parcelle au cours de l’état suivant ou avec celles qui ont été opérées au cours de cette période, à savoir l’installation du rempart ? La question reste ouverte. En contexte de sanctuaire, un tel assemblage ne laisserait guère de doute sur son identification, c’est pourquoi l’hypothèse d’un dépôt votif semble pouvoir être avancée. Mise en place d'un habitat de qualité au cours du IVe s. Malgré une documentation relativement lacunaire, un nouveau plan d'urbanisme se développe au nord du rempart, se matérialisant par l'aménagement d’espaces équipés pour certains de structures relativement bien conservées. Le seul élément subsistant de la phase d'occupation antérieure, hormis le rempart, est le collecteur qui subit une totale réfection. Un premier espace (A), le plus à l'ouest, semble former un plan en L, même si la partie méridionale n'a pas été conservée. Il devait être revêtu sur toute l'emprise de la pièce d'un sol de mortier de tuileau et encadre une petite pièce rectangulaire chauffée par un système par hypocauste (espace B). La pièce C correspond à des latrines équipées d’un dallage muni de rigoles périphériques. Ce pavement est bordé de canalisations sur trois côtés sur lesquelles devaient être placé un système de banquettes percées en bois. L'équipement de ces latrines est complété par un labrum pour le lavage des mains, confectionné dans un tambour de colonne cannelée récupéré, retravaillé pour créer une vasque associée à une évacuation. Cet ensemble rappelle ainsi les latrines simples à égout sur trois côtés dans la typologie d'Alain Bouet. Les autres espaces demeurent assez mal documentés. Quel statut accorder à ces aménagements ? Sont-ils liés à un habitat privé de qualité ou bien se rattacheraient- ils au domaine public ? Concernant la première hypothèse, nous savons que Vienne a gardé durant l'Antiquité tardive un rôle politique et administratif. Sur le plan religieux, un évêché est créé à la fin du IIIe s. et la ville s’organise peu à peu autour du groupe cathédral. Par conséquent, ces équipements pourraient appartenir à un habitat de prestige appartenant à la classe dirigeante ou religieuse. Une occupation du Moyen Âge central de qualité Après l’abandon de l’espace thermal au cours du V e s. et une réoccupation des lieux visible au cours des VIe-VIIe s., la parcelle connaît un programme d’urbanisme assez conséquent au Moyen Âge central. Une phase de récupération de matériaux antiques se traduit tout d’abord par une série de grandes excavations sur lesquelles un bâti est mis en place au cours du XI e s. Au total, six espaces appartenant à un même édifice ont pu être identifiés, manifestement délimités au nord par des murs dont le tracé forme un décrochement qui sera pérennisé dans le bâti jusqu’à une date récente. Au sud, le bâtiment est délimité par le rempart tardo-antique qui était encore utilisé à cette période. Une structure circulaire pourrait trahir la présence d'une tour de défense dans ce secteur. La fonction d’un seul espace, équipé d'un système de chauffage de type hypocauste et d'un bassin très certainement de plan circulaire dont le diamètre atteindrait 4,20 m, peut être appréhendée. Son mode d’alimentation en eau n'a cependant pas pu être mis en évidence. Compte tenu de la cote de fond de fouille et de la présence d'aménagements postérieurs, il est en outre difficile de connaître la superficie exacte de la pièce. Ce bâti pourrait être en relation avec les travaux effectués dans le quartier épiscopal. L’évêque Leger (1030-1070) fait reconstruire au XIe siècle une nouvelle église à l’emplacement de la précédente. Le quartier canonial est alors appelé « district des Cloîtres » en référence au cloître Notre-Dame et au cloître du Grand Chapitre. Nouveau plan d’urbanisme au bas Moyen Âge L’habitat du Moyen Âge central est abandonné au cours du XIII e s. et laisse la place à un nouveau programme architectural. Ainsi, plusieurs espaces appartenant très certainement à un même édifice ont été identifiés. L'absence des niveaux de sols ne permet pas de définir la fonction de chacun. Ce bâti pourrait toujours correspondre aux maisons des chanoines ou des clercs de la cité épiscopale. Le mur dit de « choin » appartenant à cette phase d'occupation, construit principalement avec des blocs en calcaire du Midi récupérés dans les monuments antiques, date de cette période. Cet ouvrage relativement imposant pourrait être toujours lié à l’enceinte de la cité cléricale. Ce nouveau plan d’urbanisme est probablement en phase avec les travaux initiés par l’archevêque Jean de Bernin et l’architecte maître Guillaume qui modernisent Saint-Maurice en la dotant d’un chevet gothique. Si la cathédrale est consacrée en 1251, le chantier de modernisation de la cathédrale n’est pourtant pas terminé. Premières brèches dans l'enceinte canoniale ; sécularisation et paupérisation du quartier durant les époques moderne et contemporaine Plusieurs séquences de constructions sont visibles à l’Époque moderne. La première concerne le mur d’enceinte canonial, qui connaît un démantèlement partiel et est reconstruit en élévation en gardant l’orientation et l’alignement du mur d’origine. Au cours de cette même séquence, le flanc sud de la muraille du cloître est partiellement loti. La documentation ancienne mentionne successivement un « chazal » puis une maison à l’emplacement supposé de la parcelle. Ces entions plaident donc en faveur d’une construction assez ancienne pour être ruinée ou en mauvais état au XVIIe siècle. Le nom des propriétaires de cet espace est incertain à l’Époque moderne et oscille entre le mistral Lavenir et la famille Maugiron. La deuxième séquence chronologique se caractérise par l’émergence de deux élévations situées dans le quart nord-ouest de la parcelle. Pour mémoire, cet emplacement se localise à l’intérieur du district canonial, lui-même occupé par de multiples bâtiments dont des habitations de chanoines, comme par exemple la maison Murianne située sur la pointe occidentale de l’îlot concerné par l’étude. Après leur réunification, ces deux élévations serviront de façade sur cour pour un espace ouvert à l’ouest, d’après deux baies observées en fond de parcelles et des lambeaux d’enduit repérés en sondage. L’espace ouvert est qualifié de jardin en 1824 dans la matrice du cadastre napoléonien. La troisième séquence constructive est principalement caractérisée par l’implantation d’un espace construit contre le parement sud du mur de clôture. Les élévations concernées sont parallèles entre elles et s’adossent au mur de clôture pour former un espace quadrangulaire sur trois côtés. Le quatrième, qui servait de limite avec la rue Sauge avant le démantèlement des élévations, appartient quant à lui à un état postérieur à la construction des murs porteurs. L’installation d’un arc de décharge est probablement liée à l’aménagement de l’espace souterrain voûté, qui se développe en dessous de la pièce, selon la même orientation que la pièce supérieure. L’indigence des éléments de datation oriente cette phase de construction vers une période tardive du Moyen Âge, voire de l’Époque moderne, antérieurement à la rédaction du premier état des confins de la ville en 1634. En parallèle, le flanc nord du mur de l’enceinte canoniale est partiellement repris. L’extrême fin du Moyen Âge et le début de l’Époque moderne sont marqués à Vienne par l’achèvement des travaux de la cathédrale. Trente-cinq ans plus tard, la ville est en proie aux guerres de Religion et aux épisodes de vandalisme liés aux incursions de bandes huguenotes. Le district canonial, et d’autant plus les rues à proximité, sont sans doute directement concernés par ces troubles. Pour mémoire, en 1634, le nord de la zone d’étude est occupé par une parcelle appartenant à Messieurs Maugiron dont on ne connaît pas la superficie. Au sud, l’espace compris entre le mur de clôture et la rue Sauge est occupé par un bâtiment appartenant aux chanoines et loué à Pierre du Plan, par la propriété des héritiers de Balthezar Camier, par une maison appartenant à Mathieu David et enfin sur l’extrémité ouest de la rue par la maison de la Cure. En 1653, le lotissement de la zone d’étude est toujours occupé au nord par la parcelle famille de Maugiron. Si l’organisation de cette dernière n’est pas précisée, l’analyse des descriptifs des fonds voisins nous indique que la moitié sud de cette grande propriété jusqu’au mur de terrasse n’est pas bâtie. Le nom de la famille Maugiron est associé aux chanoines dans la description du fonds. Aussi, il est probable que la maison de la Cure, mentionnée en 1634, soit directement rattachée à cette parcelle. La moitié septentrionale de la zone d’étude est, quant à elle, toujours occupée par une parcelle non lotie, par la maison de Pierre du Plan et par la maison d’Antonette Buyard qui correspond à l’ancienne propriété de la famille Camier. Au sud-ouest, alors que le cadastre de 1634 faisait mention de la propriété de Mathieu David, celui de 1653 indique Jean Clémaron comme occupant de la parcelle localisée entre les maisons précédentes et l’emplacement supposé de la Cure. Dans le bâti, un quatrième état en chronologie relative est initié par des aménagements opérés dans la rue Sauge et par l’installation d’une limite de parcellaire au nord-est de la zone étudiée. Dans le détail, les murs périmétriques de la future maison de Pierre du Plan sont remontés sur deux niveaux d’élévation. Le bâtiment est donc doté d’un étage. Le mur de façade semble également installé lors de cette phase. Sans pouvoir réellement resserrer cette fourchette chronologique, l’analyse des sources archivistiques et planimétriques confirme cette hypothèse de datation. En effet, l’étude du premier état des confins de la ville de Vienne, daté de 1634, mentionne à cet emplacement un fonds appartenant aux chanoines du chapitre de Saint-Maurice, loué par Pierre du Plan. La parcelle est aménagée d’une étable et d’une « fenière », soit un lieu de stockage du foin. Ainsi, la parcelle est déjà lotie durant le premier tiers du XVII e siècle. Alors que l’emprise de la parcelle reste telle quelle jusqu’à nos jours, sa fonction évolue en « maison » d’après l’état des confins de 1653. Tardivement, l’accès primitif du rez-de-chaussée sera agrandi. En effet, une ouverture, du type porte de grange, en arc en anse de panier monté en briques, est aménagée dans la façade. L’insertion de l’arc tronque la partie inférieure de la baie haute, ce qui occasionne l’abandon de cette fenêtre avec son occlusion. Durant la même phase de travaux, et afin de garder un accès au jour à l’étage, une nouvelle baie haute est aménagée à l’emplacement de la partie supérieure de la précédente. Ces travaux d’aménagements sont sans doute à dater de la deuxième moitié du XIX e s. ou du XXe s. Toujours lors de ce quatrième état, le mur de clôture est reparementé et y sont insérés quatre culots qui auraient pu supporter une voûte d’arête. L’élévation en limite ouest de la parcelle semble également être rehaussée dans le même temps d’un étage supplémentaire. Il s’identifie comme une des cours de la parcelle de la famille Maugiron. En 1634, les sources indiquent que le mur de clôture est aménagé d’au moins deux maisons à cet emplacement, en confront avec la maison de Pierre du Plan. Nous pourrions donc restituer la plus petite maison sur le tiers ouest du fonds et la maison de la famille Camier à l’est. En bâti, seules les reprises du parement pourraient indiquer l’abattage d’un mur mitoyen qui aurait été démaigri une première fois lors de l’implantation du système de voûtement du bâtiment oriental. La présence de deux volumes distincts est attestée jusqu’à la deuxième moitié du XVII e siècle d’après le dernier état des confins de la ville. L’unification des fonds intervient, quant à elle, avant le deuxième quart du XIX e siècle. Enfin, toujours côté rue Sauge, il est envisageable que le fonds localisé à l’est de la parcelle étudiée soit aménagé d’un bâtiment. En effet, le parement méridional du mur de terrasse est partiellement remonté lors de cet état. Bien que postérieur au remontage du mur latéral est de la maison attribuée à Pierre du Plan, et s’appuyant sur la chronologie relative, il est envisageable que le mur de façade sur rue soit également bâti lors de cet état. Cette construction intervient donc avant 1634, puisque à l’époque de la rédaction du premier état des confins de la ville, le fonds est déjà qualifié de « chazal », soit un bâtiment ruiné. D’après les sources archivistiques, aucune modification d’ampleur ne semble intervenir dans la topographie générale de l’îlot à partir de la deuxième moitié du XVIIe siècle. Son plan d’ensemble reste tel quel également au siècle suivant. Le quartier canonial est le lieu de résidence de nombreux laïcs, malgré l’interdiction d’installation rappelée jusqu’au XVIIe s. La dernière séquence constructive se caractérise par la volonté de réunir ou d’aménager plusieurs fonds cadastraux pour former des parcelles uniformes. Cette dynamique s’observe dès le début du XIXe siècle au nord du mur de terrasse pour concerner les bâtiments de la rue Sauge cinquante ans plus tard, au gré d’achats successifs par différents propriétaires. À la suite de cette dynamique de réunion, chaque bâtiment est subdivisé en plusieurs lots dans le but d’aménager des appartements individuels.
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Document Information
| Document Title | Vienne (38), 10-12 Place Saint-Maurice |
|---|---|
| Author / Organization | Tony Silvino, Adeline Barbe, Stéphane Guyot, Thierry Argant, Thierry Gonon, Gwenaëlle Grange, Rodolphe Nicot, Laudine Robin, Yannick Teyssonneyre |
| Subject & Discipline | Multidisciplinary Academic Open Research |
| Categories | Science & Mathematics |
| Publication Year | 2020 |
| License / Rights | Open Access / Creative Commons |
| Resource Verification | Listed PDF (Verification Pending) |
| Original Host Website |
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|
| File Format | application/pdf (Portable Document Format) |
| Language | EN |
| Catalog ID | DOC-218327 |
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